Un pendule accroché

Aux murs qui dégoûtent

Comme mon sang

Je suis une femme

Mal à mon âme mon âme

 

Un pendule tic-tac

Ramassé de stupeur

Demain c’est dimanche

Ma robe de femme perchée au bout

Cimente mon songe éberlué

 

Je n’ai

Rien surtout

Ni sommeil

Dans mon regard d’amertume avancé

Au pied du lointain bousculé d’exactitude

 

Paysage flou

Noir et blanc

Le fleuve n’avance plus ni ne recule

Le temps est mort

Comme ces îles englouties sous les flots

Sans clarté

 

Je l’aperçois

Sa petite mine tournée vers le levant

Comme un espoir vain ensanglanté encore

De musique muette

Un bouquet de jonquilles juché sur le crâne

Et tous les roseaux hurlent hurlent dans mon néant

Et tous les drapeaux hissés sur les toits

 

Fillette fillette dans ton songe qui transpire

Où tes chimères arrachées

Baignent avec ton corps barbouillé

Dans l’eau brouillée des marécages

Ou à marée basse

Comme deux gouttes d’eau

Ton regard azuré fillette

N’est plus que souvenir d’un ciel en canicule

Et tes petites mains agrippées

Ta robe chiffonnée tellement noire ma fille

Flotte autour de toi dans ta mort

 

J’ai pris le couteau et tiré

Tiré tellement fort suis tombée

Le pendule tic-tac

Me ramène le temps exaspéré

Ce pendule tic-tac tic-tac

Accroché là et le mur dégoûte le sang  ton sang de fillette gisante